Le CFTL
permet de passer l'examen pour obtenir la certification ISTQB, niveau
Fondation. Cette certification est de plus en plus populaire en France et dans
le monde. De quoi s'agit-il et comment s'y prendre ?
L'examen
L'examen porte sur le Foundation
Level Syllabus, soit le Syllabus
Niveau Fondation, traduit en français par le CFTL (avec une version de
retard à ce que je comprends, bien que cela ne fasse pas grande différence). Ce
document couvre l'essentiel du test logiciel : intérêt du test, place du
test dans le cycle de vie, techniques de test, etc.
L'inscription se
fait en ligne sur le site du CFTL.
L'épreuve est un QCM de 40 questions. Chaque question s'accompagne de 4
réponses dont une seule est correcte. Il n'y a pas de pénalité : une
mauvaise réponse ne retire pas de point. Pour passer l'examen, il faut au
minimum 65% de réponses correctes, soit 26 bonnes réponses.
L'examen dure une heure. C'est une durée tout à fait suffisante. Les
questions sont relativement simples : soit on sait, soit on ne sait pas.
Quelques difficultés de formulation ou de petits exercices peuvent demander un
peu de temps, mais globalement toutes les questions trouveront réponse
rapidement. Ainsi on remplit le questionnaire en 45 minutes environ, tandis que
les 15 minutes restantes sont bien utiles pour se relire et revenir sur les
questions délicates.
Pendant l'épreuve, les documents sont interdits, de même que les brouillons.
Si vous devez noter quelque chose, vous pouvez griffonner sur le questionnaire
lui-même. Vos commentaires seront de toute façon ignorés, seules les croix
comptent.
Les résultats sont communiqués par mail sous une semaine. Par la suite, le
candidat reçoit un justificatif par courrier.
Préparer l'examen
Il existe plusieurs options pour se préparer à l'examen. A vous de trouver
celle qui vous convient.
Aucune préparation !
Se présenter à l'examen les mains dans les poches, après tout pourquoi
pas ? Le niveau Fondation couvre les bases du test logiciel. Lorsqu'on a
plusieurs d'années d'expérience, on peut estimer posséder le bagage
nécessaire.
Bien que cette approche soit raisonnable, je la déconseille. Même si vous
avez la connaissance pour vous lancer, je vous recommande d'éviter deux
difficultés :
- Vocabulaire : Ça n'a l'air de rien, mais il est
facile de se laisser surprendre par un point de vocabulaire. L'ISTQB définit un
glossaire dont on retrouve les termes dans le questionnaire. Il est donc utile
de consulter le
glossaire français afin d'éviter les surprises.
- Questionnaire : La forme d'un QCM peut laisser penser
que l'examen est plus facile que si les réponses avaient été libres. C'est en
partie vrai, et cependant les différents choix peuvent laisser perplexes. On a
parfois l'impression que toutes les réponses sont bonnes, alors qu'une seule
est correcte. En réalité la formulation de la question permet toujours d'isoler
la bonne réponse, encore faut-il acquérir certains réflexes. Le plus simple est
de se familiariser en effectuant un examen blanc.
Knowledge Department en propose un d'une vingtaine de questions. On trouve
aussi des examens en anglais.
Au delà de la préparation, l'examen blanc vous permettra de déterminer si
vous pouvez vraiment vous présenter à l'examen sans apprentissage ou si
quelques révisions s'imposent.
Coût de cette approche : 250€, soit le prix de l'examen.
Effectuer une formation puis passer l'examen
Des sociétés accréditées proposent des formations de 3 jours. Ces formations
se focalisent sur le syllabus du CFTL, de sorte qu'elles préparent
véritablement au passage de l'examen. C'est en fait le package "formation +
examen" qui est proposé : les auditeurs passent l'examen aussitôt la
formation terminée. Tant mieux, autant battre le fer tant qu'il est chaud. Par
contre, j'ignore si c'est systématiquement ainsi que cela se passe. Vous
devriez donc vous renseigner.
Le site du CFTL recense les sociétés qui dispensent
ces formations.
N'ayant pas assisté à une telle formation, je ne peux pas les commenter
d'avantage. Si vous-même vous avez cette expérience, je vous invite à laisser
un commentaire pour donner vos impressions.
Coût de cette approche : environ 1500€, selon la formation.
Auto-formation
Moins cher qu'une formation et plus prudent que la simple confiance en soi,
il est possible de se préparer soi-même à l'examen.
On peut opter pour le syllabus
publié par le CFTL. Après tout c'est sur ce document que porte l'examen,
impossible de se tromper. Malheureusement ce document est un peu austère. Le
professionnel pressé saura y trouver les informations dont il a besoin pour se
présenter à l'examen en toute quiétude. Le débutant risque en revanche d'avoir
plus de mal à aborder ce document. Jetez-y un coup d'œil et voyez si c'est la
formule qui vous convient ou pas.
Autre possibilité, il existe plusieurs ouvrages en anglais qui traitent du
syllabus ISTQB niveau Fondation. J'ai opté pour
Foundations of Software Testing: ISTQB Certification (vous trouverez sur
Amazon.com commentaires et critiques des lecteurs, mais pour commander passez
par
Amazon.fr... ou par un autre site). Ce livre est très bien :
- Véritable préparation à l'examen : Comme promis sur
la couverture, le livre suit le syllabus afin que le lecteur se familiarise
avec ce qu'il va rencontrer lors de l'examen. Chaque chapitre s'achève par un
QCM de quelques questions, et le dernier chapitre, qui traite de l'examen
lui-même, comporte un QCM complet de 40 questions. Ainsi, en répondant à toutes
les questions, on effectue l'équivalent de deux examens blancs.
- Pas trop de blabla : C'est toujours un plaisir de
lire, mais autant aller à l'essentiel. Le livre compte 200 pages de contenu,
auxquelles s'ajoutent le glossaire, les réponses aux QCM, etc. C'est le bon
volume.
- Agréable à lire : Cet ouvrage se veut comme un livre
à lire, et non une énumération rébarbative. En fait, il constitue une bonne
introduction au test logiciel, ISTQB ou pas. On pourra donc s'y plonger sans
que ça soit une corvée.
Il y a évidemment un risque à se former en anglais tandis que l'examen est
en français. Il serait malheureux de se laisser attraper par une traduction
improbable. Le
glossaire du CFTL est bilingue, ce qui permet de repérer les traductions
délicates. A vrai dire, le parcours en diagonale auquel je me suis livré n'a
pas révélé de piège : "regression testing" devient bien "test de
régression", etc. Pas de piège. Cela s'est vérifié lors de l'examen.
Quid d'un ouvrage français pour se préparer ? Il existe bien un livre
prometteur,
Pratique des tests logiciels : Concevoir et mettre en oeuvre une stratégie
de tests - Préparation à la certification ISTQB. Malheureusement, il est
difficile de déterminer ce qu'il apporte vraiment par rapport à la
certification ISTQB. On parle simplement de "préparer au passage de la
certification ISTQB du métier de testeur". L'ouvrage se focalise-t-il sur cet
objectif ? Ou s'agit-il simplement d'une caractéristique dont peut se
prévaloir tout texte traitant du test logiciel ? Le niveau visé n'est même
pas cité : Fondation ? Avancé ? En l'absence de détails, j'ai
préféré m'abstenir. Si vous avez lu ce livre, publiez un commentaire, ici ou
ailleurs, afin d'éclairer les lecteurs hésitants !
Coût de cette approche :
- Un livre : 30€ environ
- L'examen : 250€
Bonne certification !
Un débutant trouvera avantage à passer l'examen CFTL/ISTQB niveau Fondation.
Il couvre l'essentiel du test logiciel. Pour le testeur expérimenté, l'examen
correspond plus à une validation d'acquis qu'à un véritable apprentissage.
C'est un bon point de départ pour faire reconnaitre son expérience.
Quel que soit votre niveau et la façon dont vous préparerez l'examen, je
vous souhaite bonne chance !